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TECHNIQUE DE LA DISSERTATION LITTÉRAIRE : LA RÉDACTION DE LA CONCLUSION.

Formule introductive.
Juste après la rédaction de l’introduction d’un sujet de dissertation, il est bien possible d’en rédiger la conclusion. D’ailleurs, cet ordre de progression ne nous exposerait pas du tout à un semblant de conclusion (hâtive, escamotée) à cause d’une mauvaise gestion du temps qui fait pourtant partie intégrante de l’évaluation.
La conclusion est la dernière étape d’un devoir de dissertation, l’ultime impression qu’on laisse à l’examinateur ; par conséquent, elle ne doit pas être négligée.

Voici un sujet (à l’image du bac de l’UEMOA)

EST-CE QUE TOUS LES ÉCRIVAINS PARTAGENT L’AVIS DE GUSTAVE FLAUBERT QUI AFFIRME :
« L’ARTISTE DOIT ÊTRE DANS SON OEUVRE COMME DIEU DANS LA CRÉATION ; PRÉSENT PARTOUT ET VISIBLE NULLE PART, QU’ON LE SENTE MAIS QU’ON NE LE VOIE PAS » ?
POUR RÉPONDRE À CETTE QUESTION, EXPLIQUEZ D’ABORD CETTE OPTION RETRANCHÉE, CETTE POSITION OBJECTIVE, IMPERSONNELLE, EN MARGE DU TEXTE, CHOISIE PAR CERTAINS ÉCRIVAINS TELS QUE L’AUTEUR DE MADAME BOVARY (1857). PROUVEZ PAR LA SUITE QUE CETTE POSTURE NE FAIT PAS L’UNANIMITÉ DANS L’UNIVERS LITTÉRAIRE. ENFIN, DÉMONTREZ QUE TOUT ÉCRIVAIN, QU’IL LE VEUILLE OU NON, OFFRE TOUJOURS AU LIVRE OU AU LECTEUR UNE PART DE LUI-MÊME, PAR SON STYLE OU SON ÉTAT D’ESPRIT.

Voici les articulations de notre travail au brouillon :

√ Thème =
(Général) Position de l’écrivain par rapport à ses écrits.
(Particulier) Absolue objectivité, totale neutralité.

√ Orientation = dialectique

√ Plan (dialectique) =

I. Dans quelle mesure des écrivains prônent-ils l’impersonnalité ?
1. Les réalistes (par opposition à l’exaltation égoïste des sentiments personnels)
2. Les parnassiens (par souci de la plus adroite expression d’une beauté non utilitaire)

II. Est-ce que l’objectivité est une règle d’or chez tous les écrivains ?
1. Les lyriques (exaltation des sentiments)
2. Les écrivains nègres (défense d’une race opprimée)

III. Comment l’écrivain représente-t-il toujours, de façon insoupçonnée, une part de lui-même ?
1. Par son style (la négritude ou bien le classicisme)
2. Par son état d’esprit (le surréalisme ou le romantisme)

Si j’ai proposé ce sujet et reconduit le travail au brouillon, c’est parce que celui-ci est essentiel pour rédiger une conclusion. Celle-ci se constitue de trois séquences :

√ Le résumé des parties du devoir

√ L’opinion personnelle

√ L’ouverture des perspectives

I. RÉSUMÉ DES PARTIES (obligatoire)
Thalès et Pythagore ont créé chacun un théorème. On peut bien (plus ou moins) s’en inspirer, sur la base de notre plan de départ, de la façon suivante :

1) + 2) = I.
II = 1) + 2).
1) + 2) = III.

Il suffit juste d’habiller ces chiffres sous forme de phrases (trois phrases seulement) pour obtenir le résumé des parties. Au préalable, il faut employer un connecteur logique qui annonce la conclusion (en définitive ; pour conclure ; pour tout dire, somme toute ; en guise de conclusion…)

√ Modèle :
Somme toute, les réalistes (1) et (+) les parnassiens (2) justifient ) l’avis selon lequel il est bien possible pour l’écrivain de produire une oeuvre d’art absolument impersonnelle (I). Néanmoins, l’objectivité n’est pas une règle d’or chez tous les écrivains (II), tels que le prouvent ) les lyriques (1) ou encore (+) les écrivains de la Négritude (2). De toute façon, de gré ou de force, un style propre (1) ou (+) un état d’esprit (2) perceptibles dans toute production artistique littéraire révèle comment l’écrivain représente toujours une part de lui-même.

II. OPINION PERSONNELLE (facultative)
Ici, c’est l’occasion de donner une opinion personnelle sur la question soulevée par le sujet (par exemple entre l’avis des uns et des autres sur la question de l’engagement ou non de l’écrivain). Il serait souhaitable de réconcilier des avis opposés et de faire aboutir notre avis personnel à une synthèse. Dans ce sujet soumis à notre entendement, il était question de l’objectivité opposée à la subjectivité. Trois avis sont possibles :

√ adhérer au choix de l’objectivité et justifier (modèle 1)
√ adhérer au choix de la subjectivité et justifier (modèle 2)
√ réconcilier les deux avis opposés et justifier (modèle 3)

Nous remarquons sans doute la répétition du verbe ”justifier”. En effet, cette opinion personnelle ne peut vraiment avoir sa raison d’être que lorsqu’on l’aura justifiée, comme si on nous avait demandé « pourquoi préférez-vous ceci au lieu de cela ? »

√ Modèle 1 :
À notre humble avis (un des nombreux termes par lesquels on introduit l’opinion personnelle), un écrivain devrait être objectif (le choix) parce que c’est une façon de pousser le lecteur à interpréter par lui-même ce qui a été représenté pour en tirer le meilleur profit (la validation ou la justification).

√ Modèle 2 :
Personnellement, nous pensons que (un autre terme introducteur de l’opinion personnelle) l’écrivain devrait s’affirmer, prendre position ouvertement (le choix) étant donné qu’il assumera dans tous les cas la paternité de son oeuvre d’art (la validation ou la justification).

Modèle 3 :
Selon notre opinion personnelle (encore un autre terme introducteur de l’opinion personnelle), il ne faudrait pas faire porter des oeillères à l’artiste (le choix) car ce dernier n’obéit qu’à une inspiration et un style qui lui sont propres selon les besoins du moment ou par rapport à des exigences esthétiques adaptées aux circonstances du moment ; pour preuve, un même écrivain est tantôt personnel dans une oeuvre, tantôt impersonnel dans une autre (la validation ou la justification)

III. L’OUVERTURE DES PERSPECTIVES (facultative)
C’est le mot de la fin. On prend appui sur le thème débattu tout au long du sujet pour créer un lien entre celui-ci et un autre avec qui il entretient un rapport de voisinage. L’ouverture des perspectives est un questionnement (comparable à la formulation d’un autre sujet de dissertation) mais à laquelle on ne répond pas. Elle peut porter sur :
√ le thème et un auteur
√ le thème et une époque
√ le thème et un genre littéraire (modèle)
√ le thème et une règle …

√ Modèle
Quel est alors le genre littéraire le plus adapté à incarner l’impersonnalité d’un écrivain ?

Le mot de la fin.
La première séquence de la conclusion (le résumé des parties) est obligatoire tandis que les deux autres (l’opinion personnelle et l’ouverture des perspectives) sont facultatives.
Pour ma part, je conseille de considérer toutes les trois séquences comme prioritaires. Deux raisons autorisent à prendre cette option :
> Primo, les collègues ne s’accordent pas souvent sur le caractère (obligatoire) d’une séquence par rapport à une autre (facultative).
> Secundo, il faut prendre au mot l’adjectif ”facultatif” ; c’est comme le bonus que les opérateurs téléphoniques offrent un jour de promo : si le client ou le consommateur achète du crédit ce jour-là, il bénéficiera d’un bonus ; si cet abonné n’en achète pas jusqu’à la date butoir, son abonnement ne sera certes pas résilié, mais il ne bénéficiera pas du bonus. Que faut-il alors faire si nous en avons les moyens (l’inspiration), à la hauteur de la bourse (avant le ramassage des copies) ?

À bon entendeur…

Issa Laye Diaw.
Donneur universel.

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