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CONSTRUIRE DES ORGANISATIONS QUI NOUS RESSEMBLENT

Préface

Historiquement, dans toute société en plein essor, il a été nécessaire de créer un cadre d’enseignement supérieur afin de produire les piliers de la société. Ayant différents noms à travers différents pays et différentes époques, ils partagent tous le même objectif. Ce sont les madrasas pour les mollahs et les juges coraniques de l’Islam, les écoles confucéennes pour la bureaucratie mandarine de la Chine impériale, les écoles des temples aztèques et incas pour les astronomes prêtres de l’Amérique précolombienne ou, celles que nous connaissons mieux, les universités qui ont vu le jour dans l’Europe médiévale. Elles ont bénéficié d’une autonomie corporative et d’une liberté d’enseignement afin de permettre aux enseignants et aux étudiants d’approfondir à leur guise leurs connaissances dans leurs domaines respectifs. Les universités sont censées être les gardiennes de la raison, de la recherche et de l’ouverture philosophique, en préservant la recherche pure de l’opinion publique dominante. Le professeur S. Alexander a même décrit l’université comme « une association ou une corporation de chercheurs et d’enseignants engagés dans l’acquisition, la communication ou l’avancement des connaissances, poursuivant dans un esprit libéral les différentes sciences qui préparent à la profession d’une occupation supérieure de la vie ».

On pourrait donc dire que les universités, en général, sont censées être la forge d’une société, le terreau d’où devraient jaillir ses principaux soutiens, les idées et les découvertes qui alimentent le développement. Alors pourquoi les étudiants d’aujourd’hui sont dans un état passif ? Aller à l’université après le diplôme du secondaire parce que c’est ce qu’ils devraient faire, étudier juste pour avoir un diplôme qui vous permettra d’avoir un bon emploi, et ensuite aller travailler jusqu’à leur retraite ? Aller à l’université, que ce soit comme étudiant ou comme professeur, c’est se voir confier un sacerdoce. C’est nous qui sommes censés nous attaquer aux grandes problématiques de nos domaines respectifs, trouver des solutions en temps de besoin et dessiner des perspectives pour un avenir meilleur. La plupart du temps, les étudiants pensent que ce sont là les devoirs des professionnels et des chercheurs, mais ils oublient que parmi ceux-ci, il y a ceux qui ont abandonné l’école juste après le lycée, ceux qui ont commencé à travailler juste après leur deuxième année de licence, certains après leur troisième et ainsi de suite. Alors comment pouvez-vous être en troisième, cinquième, septième année et attendre encore que les gens trouvent des solutions ? Ne sommes-nous pas en train de brouiller les rôles ? En ces heures sombres que nous traversons, les étudiants autour de nous nous montrent l’exemple à suivre : ceux d’Enactus, des étudiants comme Mouhamadou Lamine Kébé, les braves étudiants de l’ESP, l’EPT, la FST et tant d’autres qui se sont si bien distingués par leur ingéniosité et leur réactivité face à la Covid. Voici la manière dont les étudiants doivent se distinguer.

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Un autre phénomène se produit depuis des années maintenant, principalement dans nos pays. Nos universités ont été instrumentalisées. Au lieu de « préserver la recherche pure », elles sont maintenant impliquées dans des luttes politiques, enveloppées dans un capitalisme frénétique et utilisées comme des outils de production d’argent, plus intéressées par la génération de profits que par la formation de personnes utiles. Les universités ont reçu une autonomie afin de les tenir à l’écart des influences et de leur donner la liberté d’action nécessaire pour les aider à produire la crème de la société. Nous devons redéfinir les objectifs et le fonctionnement de notre système éducatif. Nous, les étudiants, devrions être conscients de nos responsabilités et les chercheurs devraient devenir des « trouveurs ». Il est de la responsabilité de chacun de chercher des solutions aux problèmes de tous, et plus encore des « universitaires ».

Voici notre sacerdoce, voici notre responsabilité. Personne ne peut se plaindre d’un problème commun s’il n’a même pas essayé de faire quelque chose pour le changer, encore plus quand on est universitaire. Puissions-nous trouver la force de toujours aller de l’avant.

Notre série de réflexion sur les model

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