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le Miroir de l’école sénégalaise

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Focus sur Celles qui attendent, quatrième roman de Fatou Diome

    Dans cette œuvre , Elle y aborde de nouveau le thème de la migration, du point de vue, exclusivement cette fois, de celles qui restent au pays et qui attendent un signe, des nouvelles, le retour.

      Son roman reflète la vie de beaucoup de familles sénégalaises. Arame et Bougna, deux femmes qui luttent la famine et la misère. Arame est mariée à un homme qui a l’âge de son père, se débat avec la marmaille que lui a laissé son défunt fils, et s’inquiète du sort du fils qui lui reste, errant et rongé par l’absence de perspective d’avenir. Bougna vit dans une misère identique et dans l’ombre d’une coépouse dont les fils, boursiers de pays européens (France et Suisse. C’est en réaction à ces pressions et à cette misère que les deux mères, au mépris du risque insensé qu’implique cette entreprise, décident de payer à leurs deux fils le voyage clandestin en pirogue censé les mener à l’eldorado tant espéré. Suivra l’attente, l’interminable attente, celle de ces deux femmes (d’où le titre de l’œuvre)  mais aussi de leurs héroïques brus, Daba et Coumba, mariées en catastrophe et par calcul. « Les saisons, qu’elle ne comptait plus, se succédaient, lentes, semblables à de lourds bateaux qui bouchaient l’horizon de leurs immenses voiles noires ».
L’auteur porte  un regard sur la détresse du désœuvrement, du découragement, sur ces femmes de deux générations aux prises avec les souffrances causées par l’absence et l’attente. Elle révèle notamment comment le manque d’espoir conduit à des sacrifices terriblement douloureux, à des choix motivés par un certain égoïsme aussi, celui de mères inquiètes tenaillées par la pauvreté, l’aigreur, la frustration, qui choisiront d’envoyer leurs fils dans le tumulte de l’Atlantique en espérant que leur exil en Europe leur offrira des vieux jours enfin calmes et fastueux. L’Europe, ce malentendu, ce continent dont on est censé revenir riche. Ce continent dans lequel on traîne souvent dans une misère bien plus violente que celle connue au pays. Fatou Diome critique l’opportunisme de l’Europe. Elle condamne aussi la pérennité de ce mythe absurde qui pousse tant de jeunes gens à se jeter à la mer en tournant le dos à la nation.

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