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le Miroir de l’école sénégalaise

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Brahim Oguelemi, plume alerte

Doctorant en Droit, Brahim Oguelemi entame sa carrière d’écrivain, le jeune Tchadien , résidant au Sénégal a récemment publié son premier bouquin intitulé « La souveraineté des Etats du Sahel face aux défis sécuritaires ». Celui qui se définit comme un « Africaniste » rêve de voir l’Afrique voler de ses propres ailes.

Cheveux bien peignés, il avance à grands pas, son boubou traditionnel vole au gré du vent. Un look qu’il tire de ses racines : « Je suis africain et musulman. Raison pour laquelle je m’habille en tenue traditionnelle. Pour la chevelure, je dirai que c’est à l’image de mon pays. Là-bas, on laisse pousser nos cheveux ». Un style simple et détendu dans un après-midi où la chaleur dicte sa loi dans la capitale sénégalaise. D’origine tchadienne, Brahim Oguelemi vit à Dakar particulièrement à Liberté VI. Et il s’y plait. Et l’intégration semble parfaite : « mon plat préféré est le Thiebou djeune », dit-il en éclatant de rires. Une bouche ouverte qui dévoile une belle et blanche dentition.

Son histoire d’amour avec le pays de la Teranga a commencé il y’a plus six ans. Après avoir obtenu son baccalauréat au Lycée Elite, N’Djamena, il rejoint Dakar pour des études supérieures. Dès lors, il s’inscrit à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université du Sahel pour le compte de l’année universitaire  2012-2013. C’est aussi dans cet établissement qu’il décroche sa licence. Amoureux des études, particulièrement du Droit, il décide de passer à une étape supérieure. Un choix récompensé par un Master 2 sciences juridiques et politiques, Mention droit public, option Relations Internationales en 2017.  L’étudiant tchadien compte tout bonnement poursuivre son chemin d’où son inscription en Première année de doctorat en Droit Public.

Brahim apprécie l’université sénégalaise qu’il considère pleine de potentialités. «  Le système universitaire sénégalais est excellent. Il a produit des élites. Le public comme le privé forme plusieurs cadres du continent africain. Parfois il y a des zones de turbulence. Cela relève de l’ordre national des choses. On y dispense des cours de qualité, les professeurs sont des sommités intellectuelles. Les universités sénégalaises sont dotées des meilleures ressources humaines. Nous sommes les produits de ces espaces d’échanges intellectuels », analyse-t-il.

Le natif de Ndjamena se définit comme un « africaniste ». L’une de ses références, Nelson Mandela n’est plus de ce monde certes, mais il compte suivre ses pas et faire valoir ses idées pour le développement du continent : « les défis de l’Afrique sont nombreux. L’avancement doit forcément passer par le travail des fils du continent. Il faut qu’ils se  réapproprient leurs problèmes et surtout arrêter de faire appel à l’ancien colonisateur pour régler sécuritaires car une des missions régaliennes de l’Etat, c’est de pouvoir assurer la sécurité des personnes et des biens ». Teint clair, silhouette frêle, le jeune homme de 26 ans dit non au pillage du continent noir. « Sur le plan économique, l’Afrique reste dans une domination totale. La France à elle seule, a plus de 40 mille entreprises dont 8 multinationales. Prenons l’exemple d’Auchan, ses boutiques sont en train de tuer l’économie locale. Les Africains ne doivent plus rester à entendre l’aide de l’autre. Il faut qu’ils se lèvent pour prendre leurs destins en main», conseille-t-il à ses compères.

                     Une passion pour la lecture et l’écriture  

Depuis tout petit, il nourrit un profond amour pour la lecture. Il n’a pas d’auteur spécifique, il lit tout et se complète par la documentation : « Je suis inspiré par les recherches. Quand je m’intéresse à un thématique, je vais vers les sources pour en savoir davantage ». Le continent noir fait partie de ses préoccupations majeures. C’est ce qui l’a poussé à publier un ouvrage intitulé : « La souveraineté des Etats du Sahel face aux défis sécuritaires». Un bouquin de 200 pages dans lequel, il évoque la situation sécuritaire au Sahel où les Etats rencontrent toutes les peines du monde, à pouvoir assurer la sécurité des personnes et de leurs biens sur l’ensemble de leur territoire, du fait de leur incapacité à pouvoir remplir leurs fonctions régaliennes. Une situation qui selon lui conduit le plus naturellement du monde, à la porosité des frontières avec son lot de conséquences tels que  l’accroissement de la menace terroriste, de la piraterie maritime, de la prolifération du trafic d’armes, du trafic de stupéfiants, du trafic d’êtres humains, de la traite de personnes, de l’immigration clandestine, de la prise d’otages moyennant rançons, de la contrebande de cigarettes, du blanchiment d’argent, de l’intensification des attaques contre les armées nationales, de l’unification des groupes terroristes, de la nuisance des factions rebelles et pardessus tout, de la criminalité transfrontalière organisée.

Après cette première expérience, Brahim Oguelemi compte s’épancher sur un autre thème d’actualité : la migration des noirs vers l’occident. Un choix justifié par les pertes en vies humaines dans l’océan Atlantique. Une œuvre en gestation donc.

 

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