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Chronique

L’école des paradoxes

Une grosse tête dans un petit corps, tel est le portrait qu’on peut dresser du Sénégal. Surtout quand on côtoie le monde rural pendant plusieurs heures. Le constat qui en émane est que le Sénégal se limite à Dakar. Du moins, c’est ce que démontre plusieurs facteurs dont l’éducation notre domaine de prédilection.

Entre la capitale et les autres zones, le fossé est grand. C’est la souffrance au quotidien chez les élèves et autres acteurs du système éducatif. Les plus jeunes qui passent du Primaire au Moyen sont les plus touchés. Dépourvus d’infrastructures, ils sont obligés de faire deux à trois kilomètres à pieds. La longue marche vers l’école

Et sous le chaud soleil. 14 heures à Mbacké Bary. Des enfants âgés entre 10 et 14 ans tendent leurs bras pour stopper les véhicules qui roulent à vive allure. Leurs tentatives sont vaines, sacs à dos ou en bandoulière, ils continuent la marche pour assister au cours de 15 heures.

Ils arriveront fatigués à l’établissement. Ce qui va surement se répercuter sur leurs facultés intellectuelles. Par où vont passer les explications du maitre ? Le cerveau risque de ne pas répondre. Le sommeil risque de l’emporter sur l’éveil et la concentration.

Et certains quittent l’école à cause de ces difficultés. Appréciant la situation, une dame du village de Ngomène confiait : « Nous avons l’impression que nous ne sommes pas des citoyens. Nous n’avons pas d’école. Nous préférons laisser nos filles à la maison plutôt que de leur laisser faire des kilomètres à pieds. C’est trop risqué ».

Au moment où on parle d’émergence, les nattes font office de table-bancs. Deux enseignants s’occupent du cycle primaire à Kalossy Ouolof. Des classes à double flux. Avec le plus grand pessimisme. « Nous sommes dans un contexte préélectoral, les préoccupations sont politiques. Après ce sera l’éternel recommencement», analyse un enseignant. La fin du calvaire n’est pas proche.

 

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