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Il y a 17 ans disparaissait Léopold Sédar Senghor

Ce 20 décembre marque la 17ème anniversaire de la mort de Léopold Sédar Senghor. L’un des premiers africains à maîtriser la langue française, Senghor fut agrégé de grammaire, poète, ministre sous la sixième République en France. Il fut également le premier président du Sénégal indépendant. Membre de l’Académie française, Son œuvre poétique est lue aujourd’hui partout à travers la planète.

Le poète-président de la négritude est rappelé à Dieu à l’âge de 95 ans dans sa demeure de Verson en Normandie (France). Il est par la suite enterré au Sénégal où la nation lui a réservé des obsèques nationales.

Né le 9 octobre 1906 à Joal, au Sénégal, et mort le 20 décembre 2001 à Verson, en France, Léopold Sédar Senghor est un poète, écrivain, homme politique sénégalais et premier Président de la République du Sénégal (1960-1980). Il est le premier africain à siéger à l’Académie française.

Ministre en France avant l’indépendance de son pays, il est le symbole de la coopération entre la France et ses anciennes colonies pour les partisans ou du néo-colonialisme français en Afrique selon les détracteurs.

Sa poésie essentiellement symboliste, fondée sur le chant de la parole incantatoire et qui lui vaut le surnom de « Président-Poète », est construite sur l’espoir de créer une Civilisation de l’Universel, fédérant les traditions par delà leurs différences. Il approfondit le concept de négritude, notion introduite par Aimé Césaire, en la définissant ainsi :

La Négritude est la simple reconnaissance du fait d’être noir et l’acceptation de ce fait, de notre destin de Noir, de notre histoire et de notre culture

Aimé Césaire

Léopold Sédar Senghor commence ses études au Sénégal avant d’arriver en France à 22 ans : le début de « seize années d’errance » selon ses dires. D’abord étudiant à la Sorbonne puis au lycée Louis-le-Grand, il prépare le concours d’entrée à l’École Normale Supérieure. Il y côtoie Paul Guth, Henri Queffélec, Robert Verdier, Georges Pompidou et y rencontre également Aimé Césaire. Le 12 septembre 1946, Léopold Sédar Senghor se marie avec Ginette Éboué (1923-1992), attachée parlementaire au Cabinet du ministre de la France d’outre-mer et fille de Félix Éboué, ancien Gouverneur général de l’Afrique Équatoriale Française, avec qui il a deux fils.

Au lendemain de la guerre, il devient communiste. Il reprend la chaire de linguistique à l’École nationale de la France d’outre-mer qu’il occupera jusqu’à l’indépendance du Sénégal en 1960. Au cours d’un de ses voyages de recherche sur la poésie sérère au Sénégal, le chef de file local des socialistes, Lamine Guèye, lui propose d’être candidat à la députation. Léopold Sédar Senghor accepte et est élu député de la circonscription Sénégal-Mauritanie à l’Assemblée nationale française où les colonies viennent d’obtenir le droit d’être représentées.

Fort de son succès, il quitte l’année suivante la section africaine de la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière) et fonde, avec Mamadou Dia, le Bloc démocratique sénégalais (1948), qui remporte les élections législatives de 1951. Réélu député en 1951 comme indépendant d’Outre-mer, il est secrétaire d’État à la Présidence du Conseil dans le Gouvernement Edgar Faure du 1er mars 1955 au 1er février 1956, devient maire de Thiès au Sénégal en novembre 1956, puis ministre conseiller du Gouvernement Michel Debré, du 23 juillet 1959 au 19 mai 1961.

Aussi membre de la commission chargée d’élaborer la constitution de la Ve République, conseiller général du Sénégal, membre du Grand Conseil de l’Afrique Occidentale Française et membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Léopold Sédar Senghor est un fervent défenseur du fédéralisme pour les États africains nouvellement indépendants, sorte de « Commonwealth à la française ».

Élu le 5 septembre 1960, Léopold Sédar Senghor préside la toute nouvelle République du Sénégal. Il est l’auteur de l’Hymne National sénégalais, le Lion rouge. Il démissionne de la Présidence, avant le terme de son cinquième mandat, en décembre 1980. Abdou Diouf, Premier Ministre, le remplace à la tête du pouvoir, en vertu de l’article 35 de la Constitution. Sous la Présidence de Léopold Sédar Senghor, le Sénégal a instauré le multipartisme ainsi qu’un système éducatif performant.

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