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le Miroir de l’école sénégalaise

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Communiqué du SELS après avoir déposé un préavis de grève

TEXTE LIMINAIRE DE LA CONFERENCE DE PRESSE DU SELS DE CE MERCREDI 25 OCTOBRE 2017 SUITE AU DEPOT D’UN PRÈAVIS DE GRÈVE :

Mesdames, Messieurs les journalistes

L’année scolaire 2016/2017 caractérisée par l’absence de préavis de grève et de perturbations a vécu.

2017 2018 vient juste de démarrer avec une rentrée des classes globalement bien déroulée avec cependant plusieurs interrogations voire inquiétudes de la communauté éducative relativement à la baisse progressive de la qualité de léducation et à laugmentation des charges financières liées à léducation et à la formation des enfants.

Dans le même contexte, on assiste à une levée de boucliers des organisations syndicales qui dénoncent les retards dans la mise en oeuvre des Accords signés avec le gouvernement et envisagent le dépôt de préavis de grève.

Ce tableau peu reluisant de la situation de lécole est le résultat dun manque de volonté politique du gouvernement qui a relégué léducation et la formation au rang de « sous priorité » et érigé le dilatoire en mode de gestion du dialogue social dans le secteur.

Il faut oser le dire, lécole Sénégalaise est plus que malade.

Elle souffre de plusieurs maux à la fois :

– Manque de volonté politique du gouvernement ;

– Orientations stratégiques du système en déphasage avec les enjeux et défis du développement ;

– Insuffisance du financement pour atteindre les objectifs d’une éducation de qualité pour Tous car le gouvernement pense avoir déjà trop fait pour l’école alors que les moyens investis quelque soit par ailleurs leur volume sont de loin très en deçà des besoins réels du système éducatif ;

– La panne du dialogue social caractérisé par une crise de confiance entre partenaires pour la bonne et simple raison que le gouvernement naccorde aucun crédit à sa signature et à ses engagements.

Devant une telle situation, la communauté éducative doit se mobiliser et interpeller le gouvernement sur la mauvaise qualité de l’éducation et de la formation dispensée aux enfants, sur le renchérissement du coût des charges financières qui pèsent sur les parents délèves dans un contexte délargissement et d’aggravation de la pauvreté des ménages mais aussi et surtout sur l’instabilité chronique qui gangrène l’école sénégalaise depuis plus dune décennie du fait daccords signés et non respectés.

Lécole sénégalaise n’est pas seulement une affaire du gouvernement et des enseignants, c’est un patrimoine national. Par conséquent, elle doit intéresser et mobiliser tout le monde car il y va de l’avenir de nos enfants et du développement de notre pays.

Pour sa part, le Syndicat des Enseignants Libres du Senegal (SELS) tient à assumer pleinement ses responsabilités en engageant la lutte pour contraindre le gouvernement à :

– Eriger léducation et la formation en secteur sur prioritaire,

– Mettre en uvre les conclusions des assises de l’éducation et de la formation afin d’installer durablement l’école sénégalaise sur la voie de la qualité des enseignements/apprentissages,

– Appliquer sans délai tous les accords signés avec les syndicats de l’enseignement

– Ouvrir des négociations sur les nouvelles préoccupations de lécole et des enseignants

– Instaurer un dialogue social de qualité apte à installer durablement la paix sociale dans le secteur.

Pour se faire, la Commission Administrative (CA) instance de décision du SELS à donné mandat au Bureau Exécutif National (BEN) de déposer un préavis de grève. Lequel préavis a été déposé le lundi 23 OCTOBRE 2017 et contient la plateforme revendicative ci-après :

I. Le Respects des accords Gouvernement/Syndicats de l”Enseignement signés le 17 février 2014 notamment :

– L’application effective et généralisée de la dématérialisation du traitement des dossiers des enseignants pour mettre fin aux lenteurs administratives et financières (sortie des arrêtés et actes, alignement et paiement de tous les rappels dus aux enseignants)

– L’aménagement des ZAC et la mise à disposition des Parcelles aux Enseignants au plus tard le 31 décembre 2017,

– Le virement des crédits DMC aux détenteurs de Conventions de Prêt et l’engagement d’une Réforme Consensuelle du Crédit logement dans les meilleurs délais,

– Mise en place et fonctionnement correct de la Commission Gestion Démocratique du secteur de l’Education et de la Formation,

– Le rétablissement de la situation statutaire des enseignants ayant validé les années de volontariat, de vacation et de contractualisation et éligibles à la nomination,

– L’achèvement du processus de la création du corps des administrateurs scolaires dans les meilleurs délais.

II. L’Application des conclusions des Assises de lEducation et de la Formation sur les volets ci-après :

– Mettre en place le comité de suivi des conclusions des Assises de l’Education et de la Formation pour une meilleure prise en charge des recommandations,

– Le Recrutement denseignants qualifiés et dinspecteurs de lEducation et de la Formation en nombre suffisant,

– La dotation des Etablissements Scolaires en ressources matérielles et financières suffisantes,

– La résorption des abris provisoires avec un plan de mise en uvre détaillé,

– La généralisation des Cases Communautaires pour assurer la préscolarisation universelle de la Petite Enfance,

– Instauration de la gestion démocratique du personnel dans les CTP,

– La gestion unifiée du sous secteur de la Petite Enfance,
Le renforcement du financement des différents sous secteurs de l’Education et de la Formation,

– La réforme du système dévaluation des enseignements/apprentissages pour corriger les incohérences constatées notamment dans les Ecoles Franco-arabe,

– Le renforcement de la professionnalisation des ressources humaines et la modernisation de lapprentissage et la formation qualifiante (formation continuée de tous les enseignants y compris ceux de l’enseignement en langue arabe),

III. Augmentation et Création dindemnités

– Augmentation substantielle de lindemnité de logement des Enseignants,

– Revalorisation des taux de rémunération des indemnités liées aux examens (surveillance et correction CFEE et entrée en 6ème ; surveillance BFEM et BAC)
Octroi dune indemnité de sujétion aux Directeurs des Cases des Tout-petits (CTP),

– Octroi d’une indemnité de motivation aux Enseignants servant dans les zones éloignées et ou enclavées,

– Octroi d’une indemnité de classes spéciales à tous les Enseignants des écoles Franco-arabe et aux enseignants en Langue Arabe servant dans les écoles élémentaires dont la charge horaire dépasse la norme officielle,

– Octroi d’une indemnité aux enseignants membres de commissions d’examens pratiques du CEAP et du CAP au même titre que les inspecteurs de lEducation et la Formation,

IV. Amélioration du Statut des Enseignants non fonctionnaires

– Prise en compte de lancienneté acquise au moment de leur Reclassement dans un autre corps,

– Prise en compte de lannée d’obtention du diplôme professionnel au moment de leur reclassement dans un autre corps

– Harmonisation des systèmes de retraites des agents fonctionnaires et non fonctionnaires de lEtat.

La Plateforme revendicative que nous venons de décliner prouve à suffisance que le SELS défend à la fois les intérêts des apprenants et ceux des enseignants pour une école sénégalaise de qualité, moteur du développement économique et social de notre pays.

Par ailleurs, le SELS condamne vigoureusement les dernières augmentations opérées par le Ministre de l’éducation nationale sur les frais dinscription aux différents examens et concours.

Cela traduit la carence du gouvernement qui est incapable de trouver des financements innovants pour une prise en charge correcte des besoins du secteur de léducation et de la formation et choisit la voie de la facilité en surchargeant davantage les parents délèves.

Nous exigeons l’annulation immédiate de cette mesure unilatérale et impertinente.

Mesdames, Messieurs

Le SELS réaffirme son ouverture et sa disponibilité au dialogue franc et sincère pour la résolution des problèmes que vit lécole sénégalaise.

Nous entendons également, face à la mauvaise volonté politique et au dilatoire, engager avec détermination la lutte pour le triomphe de léquité et de la justice sociale, seul gage pour la stabilité du système éducatif.

En conséquence, nous déclinons toute responsabilité sur d’éventuelles perturbations des enseignements/apprentissages et désignons le gouvernement comme seul et unique responsable pour n’avoir pas respecté ses engagements dans les délais fixés d’un commun accord avec les organisations syndicales de l’enseignement.

Nous lançons un appel à la mobilisation des enseignants et de la communauté éducative pour :

– Le respect des accords signés avec les syndicats de l’enseignement ;

– la mise en oeuvre des conclusions des Assises de l’éducation et de formation ;
la revalorisation de la fonction enseignante condition sine qua non dune éducation de qualité, rampe de lancement d’un Sénégal émergent.

Nous ne saurions terminer sans remercier la presse pour sa disponibilité et son engagement permanent en faveur du partenariat avec les organisations sociales.

Je vous remercie de votre aimable attention

Fait à Dakar, le 25 octobre 2017
LE SECRETAIRE GENERAL NATIONAL
SOULEYMANE DIALLO

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