Groupe Info Etudes
le Miroir de l’école sénégalaise

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Affaire "Yavuz Selim": Ce qui s'est réellement passé

Qu’on l’appelle “affaire Yavuz Selim” ou “affaire sénégalo-turque”, ce qui tombe sur le Groupe Scolaire Yavuz Selim a surpris plus d’un. Pour la gouverne de ses lecteurs et du monde scolaire sénégalais, le groupe Info Etudes revient sur cette affaire qui menace l’une des meilleures écoles au Sénégal.

C’est en 1996, qu’un groupe turc dénommé “Association BAŞKENT EĞITIM” a foulé le sol sénégalais avec , en main un projet de création d’écoles. Après formalités accomplies au niveau des ministères sénégalais concernés, la première école de Yavus Selim a ouvert ses porte en 1997. Avec l’élargissement de nouveaux établissements, le GSYS est devenu une école d’excellence et occupe chaque année de bonnes places lors du concours général sénégalais et du baccalauréat. Ce concours général, qui est la plus grande compétition scolaire d’excellence au Sénégal est organisée chaque année entre les élèves de premières et de Terminales au lycée. Yavuz Selim, qui y occupe toujours de bonnes places, en a ainsi obtenu 8 prix lors de la session de 2016. Pour rappel, Yavuz Selim est l’une des écoles ou instituts d’un Groupe dont l’inspiration vient de Fethullah Gulen et qui est présent dans 170 pays à travers le monde et sur tous les continents. Selon le journal Enquête (2016), il y aurait 15 écoles au Sénégal dont l’existence est l’œuvre de ce mouvement.

Cependant le régime turc en place accuse Gulen d’être à l’origine du coup d’Etat manqué du 15 juillet dernier.

Pourtant, l’ennemi juré du Président turc a réfuté toutes ces accusations, ce qui n’a pas empêché à la Turquie de demander à quatre reprises son extradition au Gouvernement américain qui ne s’y est pas encore plié. Ainsi le président turc et son mouvement vont lancer une procédure pour fermer toutes les écoles de celui qu’ils prennent comme ennemi. La pression d’Erdogan de fermer toutes les écoles turques du leader Gulën va devenir une réalité. Des pays africains comme la Guinée, la Somalie ont cédé pour la fermeture de ces écoles. Au Sénégal, malgré un premier refus des autorités, Erdogan a continué de mettre la pression. Ainsi, le jeudi 8 décembre 2016, les parents des 2500 élèves que compte Yavuuz Selim sont informés de la mauvaise nouvelle: la gestion de Yavuz Selim sera confiée au gouvernement turc. ”Après plusieurs contacts, évaluations et réunions, l’Etat du Sénégal a décidé de retirer la gestion du groupe scolaire Yavuz Selim à l’association turque qui assurait sa gestion depuis 1999”, a indiqué le ministre lors de l’examen du projet de budget de son département pour l’exercice 2016-2017. Ces établissements qui existent “sous forme d’associations depuis 1999”, comptent “2.432 élèves et 249 enseignants”. Serigne Mbaye Thiam a également assuré que le personnel enseignant sénégalais et le niveau d’enseignement seront maintenus.

C’est maintenant la fondation Maarif, mandaté par le gouvernement turc, qui a le controle des établissements Yavuz Selim. Les parents d’élèves remontés ont fait face à la presse pour dénoncer la décision de l’Etat sénégalais de confier la gestion des établissements du groupe Yavuz Selim à la fondation ‘’Maarif’’ créée par Récip Tayyip Erdogan. Ils ont commis un pool d’avocats qui va attaquer cette décision devant la Cour suprême. Ces mêmes parents, ont appris qu’en Guinée, sur l’effectif de 1500 que comptait l’école, il n’en reste que quelques 200 après l’attribution de la gestion à la fondation “Maarif”.

Les anciens et actuels pensionnaires de Yavuz Selim ne se sont pas aussi laissés faire, ils dénoncent cette mesure jusqu’à leur dernière énergie. Ayant partout manifesté leur indignation, ils ont lancé une pétition. Car pour eux, Yavuz Selim est une famille indestructible, contrairement à la volonté du président turc. Pour eux, cette décision n’honore pas le pays et montre la faiblesse du gouvernement de Macky face à la pression d’Ankara.

 

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