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le Miroir de l’école sénégalaise

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L’AFRIQUE LIBRE OU LA MORT, NOUS VAINCRONS !!!

Il est plus qu’ahurissant de voir avec quelle stupide naïveté certains, sous les oripeaux d’une prétendue supériorité morale, brandissent quotidiennement des slogans soi-disant humanitaires pour inciter à une lutte, prétendent-ils, « intelligente et civilisée », contre la domination exécrable de forces exogènes qui, avec l’insidieux acoquinement de nos cupides et froussards de dirigeants, maintiennent encore l’Afrique et sa jeunesse, dans l’une des torpeurs socio-culturelles les plus profondes de l’HISTOIRE !

Nom d’un chien ! Faut-il encore qu’on vous le rappelle ?
« Il faut savoir que l’adversaire vous tue intellectuellement. Il vous tue moralement, avant de vous tuer physiquement. C’est de cette manière que l’on a supprimé des groupes entiers. On vous nie en tant qu’être moral. On vous nie en tant qu’être culturel. On ferme les yeux, on ne voit pas les évidences. On compte sur votre complexe, sur votre aliénation, sur le conditionnement, les réflexes de subordination et sur tant de facteurs de ce genre. Et si nous ne savons pas nous émanciper d’une telle monstruosité psychosociale par nos propres moyens, mais il n’y a pas de salut mes chers ! On mène contre nous le COMBAT le plus violent, PLUS VIOLENT MEME QUE CEUX QUI ONT CONDUIT A LA DISPARITION DE CERTAINES ESPECES. Et il faut, chers jeunes, que votre sagacité intellectuelle aille jusque-là ! »
Tel a été et reste encore, le tonitruant cri de désespoir de l’un des plus grands panafricanistes qui ait arpenté l’Histoire, l’éminent et COURAGEUX Professeur Cheikh Anta Diop. Des propos, hélas, d’une actualité retentissante !

Franc CFA, historique d’un long combat
« Aujourd’hui, faute d’accorder aux questions monétaires toute l’attention qu’elles méritent, l’Afrique inflige à ses enfants, et plus encore, à ceux qui ne sont pas encore nés, des souffrances tout à fait gratuites ! » Pr. Tchundjang Pouemi

L’un des premiers à s’engager dans ce scabreux combat est le grand intellectuel et professeur, Cheikh Anta Diop qui, dès l’année 1960, va publier, six ans seulement après son très controversé sujet de thèse NATIONS NEGRES ET CULTURES, un carillonnant volume intitulé l’AFRIQUE NOIRE PRE-COLONIALE dans lequel il démontre rigoureusement, et sans coup férir, que les peuples africains disposaient à l’époque d’instruments monétaires extrêmement sophistiqués dont la poudre d’or, les cauris, les barres de métaux, ou encore du cuivre, entre autres.
Après les indépendances, une frange de l’intelligentsia et de la classe politique africaine va poursuivre ce combat. Ils devront cependant faire face à un contexte difficile : la guerre froide et les pouvoirs autoritaires, soutenus par l’oligarchie occidentale, qui se multiplient dangereusement en Afrique. C’est ainsi qu’en 1963, Kwame Nkrumah, le père de l’indépendance ghanéenne, déjà pleinement conscient du danger historique qui guette le continent, va publier le très célèbre AFRICA MUST UNITE, éminent et riche ouvrage, dans lequel il appelle énergiquement à la création d’une monnaie unique africaine. Trois ans plus tard, un grand économiste et militant nationaliste camerounais va remarquablement emboiter le pas au Président Nkrumah, et publier un puissant livre intitulé l’ECONOMIE DE L’OUEST AFRICAIN. Hélas cet homme, du nom de Castor Osendé Afana, va être lâchement assassiné dans le maquis, par les autorités camerounaises, l’année même de publication de son livre, en 1966. Ce n’est que quinze ans plus tard, qu’un autre grand économiste camerounais va s’illustrer dans ce périlleux et non moins noble combat. Son nom est, retenez-le bien, le professeur Joseph Tchundjang Pouemi. En 1981, il publie un livre absolument admirable (que je recommande vivement à tout jeune africain digne de ce nom) intitulé MONNAIE, SERVITUDE ET LIBERTE. Cet extraordinaire ouvrage, paru aux éditions NEA, est le fruit d´un travail de maître où les rudiments des sciences monétaire et économique sortent de la mystification dont elles ont toujours été émaillées. Le souci premier qui a présidé à la production de ce document est celui de faire sortir l´Afrique de la machiavélique tutelle économique imposée par les puissances impérialistes, avec la honteuse caution de nos gouvernants locaux. En vrai connaisseur de la science économique, le professeur démontre au dernier chapitre du livre que quelle que soit l´hostilité de l´ordre économique mondial, si l´Afrique s´unit autour des intérêts qui sont les siens par une intégration économique authentique, elle sera capable de relever les grands défis du développement qui s´imposent à elle. « L´Afrique, martelait-il, se fera par la monnaie ou ne se fera pas ! ».
En posant comme préalable de la réussite économique la création de monnaies nationales ou régionales souveraines, c´est-à-dire non contrôlées de l´extérieur, le Professeur Pouemi n´en sait pas moins qu´au centre du système économique, la monnaie joue un rôle moteur et libératoire. Lorsqu´elle est réprimée, elle paralyse l´Etat et lorsqu´elle est gérée dans le but de remplir le rôle social qui est le sien, elle crée de la richesse, défie l’extraordinaire, et écrase inextricablement la pauvreté !
Si l’on admet que le pouvoir économique confère le pouvoir politique, alors, on doit admettre que le pouvoir monétaire confère le pouvoir politique. En fait, la monnaie est au cœur même des économies modernes dont elle commande les mouvements. L’Afrique indépendante, faute de l’avoir compris, ou en feignant de ne pas le comprendre, soit en démissionnant, sans raison vraisemblable, devant ses responsabilités monétaires, soit en les utilisant pour nourrir une administration répressive, qu’il s’agisse de l’armée ou des « technocrates », a auto-réprimé le système économique, et cruellement bloqué le progrès !
Malheureusement, en 1984, trois ans seulement après la publication de son livre, parti pour être l’ouvrage de référence de la lutte contre la monnaie de l’ancienne puissance métropolitaine utilisée dans son pays et dans 13 autres répartis sur tout le territoire du continent africain, en l’occurrence le F CFA, le Professeur Pouemi mourra, dans des circonstances très mystérieuses qui d’ailleurs, jusqu’à ce jour, n’ont toujours pas été élucidées !

Kémi Séba, nouvelle figure de la lutte historique pour l’indépendance monétaire africaine ?
« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes (graves) que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes (de liberté fondamentale et d’autodétermination), est une civilisation moribonde ! » Aimé Césaire

Kémi Séba est un « afrcoclown », arguent avec insipidité certains frères. Eh bien, je préfère de loin un « afrcoclown » qui se bat dans la dignité pour ARRACHER avec force et courage son indépendance et par ricochet celle des peuples avec lesquels il a en partage la même destinée historique, à des « afrofroussards », des « va-nu-pieds intellectuels », nègres de maisons de surcroît, qui se complaisent dans le verbiage, la calomnie, et la bêtise scripturale ! Continuez d’être des humanistes et de vous rendre coupable d’une puérile et vile reconnaissance à l’endroit de vos « vieux maîtres ». Pendant ce temps, nous continuons volontiers d’être des «afrcoclowns» engagés pour une cause qui, certes nous dépasse, mais surtout nous honore et rend admirablement hommage à l’esprit et à la bravoure de nos « Pères » qui ont toujours lutté, au péril de leur existence, avec dignité et sans concessions, pour le droit à la liberté et à l’autodétermination des peuples africains !
Laissez-moi, enfin, vous rappeler ceci : Diriger, ce n’est pas plaire, c’est prendre sur soi la responsabilité de changer le cours de l’histoire, et d’en assumer librement et courageusement les conséquences !

Alassane Ouattara, une HONTE pour l’Afrique !
« Lorsque le mensonge et la lâcheté se permettent toutes les audaces, la vérité et l’audace doivent conquérir tous les courages ! »

L’Afrique est pauvre d’elle-même, parce qu’elle est pauvre de ses flemmards gouvernants ! Ces oligarques parachutés au pouvoir par la main complice de l’OXYDENT n’ont non seulement ni le courage de leur idées, pour une Afrique libre et autodéterminée, mais encore, pis, ils n’ont même plus des idées de courage ! Résolument engagés à la solde de l’OXYDENT, ils ont décidé de nous asséner le coup de grâce qui fera de nous, et ce, irrévocablement, de véritables « colonies économiques » ! Quand le Président de la commission de l’UEMOA constituée des pays qui utilisent encore la monnaie CFA (le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo) dit avoir l’intention d’étendre (avec évidemment l’appui de ses palefreniers de collègues Présidents), dans les prochaines dates, la monnaie CFA aux autres pays restant de la CEDEAO, il y a alors de quoi s’effaroucher ! Nous sommes là, rendons-nous en bien compte, à une période charnière de l’Histoire !
C’est dans ces sombres périodes de l’humanité que l’on découvre toute la gravité des propos de l’éminent combattant libérationniste Frantz Fanon : « chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ! »
La nôtre, nous l’avons découverte, et ce qui est sûr, c’est qu’avec ou sans les « afrofroussards », nous l’ACCOMPLIRONS !

Par Stéphen François KADIONA

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