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Le Maroc n’atteindra pas les objectifs de la vision stratégique en 2030

Par BARA DIAW
| 27/10/2019 | Etudier à l'étranger | 0 Commentaires | 665 Vues

Le Conseil supérieur de l’éducation pointe du doigt la qualité de l’enseignement

Pour parvenir à l’équité et l’égalité des chances dans le système éducatif, la priorité doit être donnée au partenariat public-privé au service de l’équité, à l’éducation inclusive et à la préscolarisation pour tous.

Au vu du rythme actuel du développement de l’éducation, le Maroc n’atteindra pas les objectifs de la vision stratégique de la réforme en 2030. C’est le constat global qui ressort du dernier rapport publié par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS). Intitulé «Cadre de performance du suivi de la vision stratégique à l’horizon 2030, niveau national 2015-2018», ce document permet de cerner les progrès réalisés depuis 2015 et d’évaluer les potentialités jusqu’à l’horizon 2030. Cette évaluation de la vision stratégique a été menée à travers «l’Indice national de développement de l’éducation» (INDE) conçu par l’Instance nationale d’évaluation. Cet indice composite qui compile au total 157 indicateurs permet non seulement de dresser l’état de la situation de l’éducation et de son évolution mais également d’identifier les sources de force et de faiblesse de l’éducation au Maroc. Il ressort de ce rapport que le Maroc a parcouru, en 2018, la moitié du chemin (INDE égal à 53,5%) conduisant «à un niveau de développement de l’éducation comparable à ce qui prévaut aujourd’hui dans les pays développés».

A noter que par rapport à l’année 2015, l’INDE a augmenté de 2,3 points. Même sous l’hypothèse d’une progression linéaire de 2,5 points tous les trois ans, le Maroc atteindra une valeur de seulement 63,5% en 2030, ce qui ne correspond même pas aux deux tiers des objectifs stratégiques de la vision. En analysant l’INDE par dimension, il s’avère que c’est «l’équité» qui est la mieux positionnée dans l’INDE avec 62,5% en 2018. Ainsi, les progrès réalisés en matière d’accès à l’éducation de base, de parité genre et d’infrastructure de base pendant ces trois dernières années ont joué en faveur de cet indice. En dépit de ces progrès, des efforts sont à mener dans le cadre du «partenariat public-privé au service de l’équité». La couverture de l’enseignement privé reste encore concentrée dans les grandes villes (déséquilibre de répartition sur le plan territorial), ce qui ne favorise pas la concrétisation de l’équité dans l’accès à l’éducation pour les deux secteurs d’enseignement. D’autre part, l’équité dans l’apprentissage scolaire entre le privé et le public est loin d’être atteinte.

L’enquête PIRLS 2016 avait d’ailleurs révélé que les élèves scolarisés dans le privé obtiennent un score en lecture supérieur de 120 points (soit l’équivalent de trois années d’études) à celui des élèves scolarisés dans le public. L’autre obstacle majeur à l’équité et l’égalité des chances a trait à l’incapacité du système à répondre aux besoins des enfants en situation de handicap que cela soit en leur assurant une place dans le système scolaire ou en facilitant l’accès des scolarisés d’entre eux aux écoles. Enfin le troisième obstacle majeur a trait à la généralisation du préscolaire. L’offre du préscolaire public reste encore timide. La part des élèves de l’enseignement préscolaire public est en dessous de 13% (12,8% en 2018). Les déperditions scolaires constituent aussi un problème majeur, notamment l’abandon scolaire qui continue de priver des milliers d’enfants de leur droit à l’éducation de base. Enfin, des efforts restent encore à fournir au niveau de la répartition territoriale de l’offre d’enseignement et de son extension au niveau post-obligatoire.

Pour parvenir à l’équité et l’égalité des chances dans le système éducatif, la priorité doit être donnée au partenariat public-privé au service de l’équité, à l’éducation inclusive et à la préscolarisation pour tous. Pour ce qui est des autres dimensions «qualité de l’éducation» et «promotion de l’individu et de la société», celles-ci n’ont pas encore atteint la moitié de l’objectif, soit 48,7 et 49,3% respectivement. Ces données montrent que le Maroc a mieux avancé dans l’accès et la généralisation de la scolarisation que dans le renforcement de la qualité de l’éducation et la promotion de l’individu et de la société. Selon les auteurs du rapport, la source de déficit dans le développement de l’éducation provient  essentiellement de la qualité de l’éducation et principalement de la sous-dimension des acquis scolaires des élèves qui peine depuis longtemps à rattraper le retard du pays en la matière.

Pour remédier à cette situation, l’accent doit se focaliser davantage  sur le rehaussement de la qualité des acquis scolaires, l’intégration des technologies numériques dans les écoles et l’amélioration du rendement interne. La promotion de l’individu et de la société est l’autre dimension qui nécessite de fournir des efforts surtout en ce qui concerne l’emphase sur la réussite (implication des acteurs éducatifs dans la réussite scolaire), l’encouragement de la recherche scientifique et l’éducation tout au long de la vie au profit des jeunes et des adultes.


Maroc Education



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